La fin de saison approche et André-Pierre Gignac tire le bilan de sa troisième année sous le maillot de l’OM.
Comment juges-tu la saison de l’OM ?
C’est une saison réussie. On est certain de terminer à la deuxième place avant la fin du championnat. Cela fait du bien, ça lave l’affront de la saison passée. Personnellement, j’avais cet esprit de revanche car cela faisait deux ans que ce n’était pas facile pour moi. Collectivement, même s’il y a eu le quart de finale de Champions League, la dixième place en L1 ne reflète pas le niveau de l’OM. A Marseille, on n’est pas là pour jouer la dixième place. L’an passé, c’était un gros échec. Cette saison est une revanche. Tout le monde était dans cet esprit-là. Il y a eu un nouveau coach, il fallait le séduire car personne n’était assuré de jouer. Dès le premier stage, il y a eu une saine émulation, une cohésion avec les jeunes qui se sont bien intégrés et un nouveau discours.
Sur le plan personnel, sur quoi s’est jouée ta progression (1 but en 2011/12 et 13 en 2012/13) ?
La santé tout simplement ! Pendant deux ans j’ai trimballé des blessures, trois opérations, des problèmes de cicatrisation… Quand je fais une préparation pleine, sans blessure et où je peux travailler tranquillement, le corps suit, je me sens mieux sur le terrain et la tête est libérée. C’est une question de santé.
Tu te blesses à Troyes. As-tu eu peur ?
Forcément. J’avais bien commencé la saison, je mets cinq buts en huit matches et au neuvième match, je me blesse au pied. C’est une épreuve de plus sur mon chemin. J’ai su la surmonter avec l’aide de tous. C’était une fracture, c’était moins délicat que les adducteurs ou la pubalgie.
Est-ce ta meilleure saison depuis 2008/09 où tu as été meilleur buteur avec Toulouse ?
Evidemment ! Les statistiques parlent… J’ai acquis de la maturité. Jouer à Toulouse et à Marseille, c’est complétement différent. A Toulouse, on jouait pour moi, à Marseille, les adversaires vous attendent devant leurs 16 mètres. Il faut varier son jeu et progresser dans le jeu dos au but. C’est une belle saison.
Penses-tu pouvoir faire mieux ?
Bien sûr ! Je suis un éternel insatisfait, je peux faire mieux. J’ai été blessé pendant deux mois, il m’a fallu deux mois pour revenir. Ce n’est pas une excuse mais j’aurais préféré marquer plus. 18 buts pour la saison de mon retour, c’est bien mais la saison prochaine sera celle de la confirmation. C’est celle-là la plus difficile.
Ton avenir est donc à Marseille…
Il me reste deux ans de contrat et je ne vois pas pourquoi je partirais. Le stade va se terminer, j’ai fait une bonne saison, je veux confirmer, marquer des buts et en plus on jouera la Champions League. En France, il n’y a pas mieux.
Te sens-tu complétement acclimaté au contexte marseillais ?
Je savais que cela allait être compliqué en venant ici. La première saison, je n’ai pas forcément fait ce qu’il fallait. La deuxième saison, j’avais un meilleur esprit mais je me blesse deux fois et ça s’est mal passé. Maintenant, je suis acclimaté.
Tu ne penses pas à l’étranger ?
Apparemment, on est au sommet de son art vers 28-29 ans, j’ai encore une ou deux années pour être au top, donc on verra bien. Je suis très bien ici. C’est le club de mon cœur, ma famille est ici. C’est exceptionnel de réussi dans son club. J’ai encore deux ans de contrat et j’espère que je ferai mieux que cette saison.
Ton avis sur le titre du PSG ?
Avec l’argent qu’ils ont mis, heureusement qu’ils sont champions ! On n’a pas fini si loin du PSG. Cela s’est joué sur la double-confrontation et sur un ou deux matches ratés de notre part. Ils méritent le titre. Ils auraient dû gagner 4-0 tous les matches, finalement ils se sont fait accrocher quelques fois mais cela reste une grande équipe.
Quel sera l’objectif de la saison prochaine ?
Finir sur le podium comme chaque année. C’est quasi-obligatoire. Pour la Champions League, on verra, c’est du bonus. Il faudra faire en sorte que l’on se qualifie directement sans passer par les barrages, ce serait exceptionnel.
Monaco va arriver avec de grands noms…
(Il coupe) Mais ça ne fait pas tout, il faut une cohésion. L’an dernier, le PSG devait être champion, mais ils ne l’ont pas été. Monaco a besoin de temps.
Le bémol de la saison, c’est probablement l’attaque qui a peu marqué…
Finir deuxième mais ne pas être dans les meilleures attaques est rageant pour nous, les attaquants. Le plus important, c’est que nos buts soient décisifs. Cette saison, cela a été très souvent le cas. Il va falloir recruter, on est quatre pour trois postes et on va jouer tous les trois jours. Il faudra être présent sur tous les tableaux et pour ça, il faudra des recrues offensives.
Elie Baup est pour beaucoup dans le redressement de l’OM et dans ton retour au premier plan cette saison ?
Le jour de son arrivée, il a dit qu’il avait besoin de moi pour faire une belle saison et moi j’avais besoin de lui pour réussir une belle saison. On a dissipé tous nos malentendus et il m’a fait confiance dès le début. Il m’a fait jouer tous les matches amicaux, il a su me parler et me remettre en jambes. Il a une part prépondérante dans ma réussite et dans celle de l’équipe.

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