Elie Baup : «Le collectif c’est une mentalité»
L’entraîneur olympien livre son bilan de la saison. Il insiste plus particulièrement sur la notion d’équipe, de collectif, qu’il place au-dessus de tout. Voici la première partie.Il y a neuf mois, le 12 août 2012 votre équipe affrontait Reims. Que se passe-t-il dans la tête d’Elie Baup au coup d’envoi ?
C’est la première journée de championnat, nous avions déjà fait un tour préliminaire de l’Europa League, nous entamions la saison avec ce match à l’extérieur contre un promu dont nous ne connaissions finalement pas grand-chose mais nous avions très bien préparé ce rendez-vous (victoire 1-0).
Est-ce qu’il y a eu un moment, dans le passé, où vous avez été proche de signer ici à l’OM ?
J’avais rencontré Robert Louis-Dreyfus à deux reprises après le passage de Rolland Courbis (1997 à 1999), ça ne s’était pas fait à l’époque. Là (été 2012), ça s’est concrétisé.
Il était écrit quelque part que vous viendriez à l’Olympique de Marseille…
L’OM représentait pour moi le club le plus prestigieux, le plus populaire, celui qui a évidemment le plus beau palmarès, et en même temps cette passion autour du club, ces supporters, toute cette ambiance, cette effervescence, la ville aussi… Quand on aime le foot, on a toujours envie de connaître ça.
Vous avez succédé à deux entraîneurs (Erik Gerets et Didier Deschamps) qui ont connu beaucoup de réussite. La pression était là. Pourtant, vous avez marqué l’histoire du club avec un début de saison historique…
Avec le groupe, nous ne nous sommes pas posé de questions. Nous savions qu’il fallait prendre des points, qu’il fallait être dynamique, réussir un bon départ.
Il y avait tellement de joueurs qui avaient à cœur de bien faire, qui étaient conscients d’avoir raté la saison précédente en finissant dixième du championnat. Quelque part, tout le monde avait un peu envie d’effacer ça. Le tout était de savoir comment ; nous nous sommes entraidés pour faire les choses de la manière la plus solidaire possible, la plus en équipe possible.
«Rien n’est au-dessus de l’équipe»
Vous vous êtes toujours appuyé sur le collectif dans le jeu. Est-ce que ce collectif a été une bouée de sauvetage dans les moments difficiles ? En octobre-novembre par exemple, où ça a été compliqué, est-ce qu’il ne vous a pas manqué notamment un joueur capable de «tuer» les matches ?
Le collectif, c’est la dimension à faire des efforts tous ensemble, c’est une mentalité. Elle s’exprime souvent dans l’aspect défensif, dans le fait d’avoir l’envie de vite récupérer le ballon et aussi d’avoir l’idée de bien défendre. Ensuite, elle s’exprime au quotidien dans le vestiaire, avec ceux qui ne jouent pas. Donc, il a fallu cultiver, entretenir ça. Avec l’état d’esprit qui régnait dans le vestiaire on savait que, même si nous n’allions pas tout gagner, nous allions gagner ensemble mais nous allions perdre aussi ensemble. Ça veut dire que, derrière, nous allions pouvoir nous relever.
Justement, cette force, tout le monde l’a soulignée, tous les joueurs... Allez-vous continuer à l'entretenir?
C’est une base de travail. Pour moi, rien n’est au-dessus de l’équipe, c’est le plus important. Quand on a la chance d’être dans un club comme le nôtre c’est immense ce que ça représente. Je tiens fortement à ce qu’il y ait cette discipline et que chaque joueur privilégie l’équipe au détriment de ses envies personnelles, du moins dans le match, dans le jeu, dans le travail. Après, je comprends que des joueurs aient des aspirations de carrière, de sélection, d’aller voir ailleurs, mais dans les faits de jeu, dans les entraînements, on s’évertue à ce que l’équipe, le collectif soit la chose la plus importante. C’est ce qu’essaient de faire tous les entraîneurs.
«Choisir, c’est la chose la plus difficile…»
L’autre réussite est d'avoir su impliquer tout le monde, y compris les remplaçants. Cela s’est traduit avec des entrées en jeu déterminantes.
Dans notre métier, c’est le plus difficile. Vous faîtes ce métier pour jouer. Les joueurs travaillent toute la semaine, lors de la préparation d’avant-saison aussi, pour participer aux compétitions et il faut leur faire comprendre qu’ils ont leur place dans cette équipe. Qu’ils ont un rôle à tenir, un rôle important, conséquent, mais qu’à certains moments, il y en a un qui est meilleur. Quand on va avoir besoin d’eux, ils doivent se tenir prêts, être compétitifs et ils doivent tout donner pour l’équipe. Ça passe par des entretiens individuels permanents, une communication aussi collective. C'est le plus difficile parce que c’est une évidence : celui qui ne joue pas ou peu ressent de la frustration, et c’est compliqué de maintenir l’exigence. Donc, il faut vraiment être proche. Pour cette raison, dans les débriefings, dans les après-matchs ou même dans la semaine, je m’évertue à être plus proche de ceux qui ne jouent pas.
Il y a eu quelques revers dans cette saison, mais globalement c’est six premiers mois se déroulent mieux que prévu ou pas ?
Nous n’avons pas fixé de tableau de marche. Après, il y a eu des couacs conséquents comme ce match à Valenciennes: prendre 4 buts là-bas, c’était énorme. On restait sur six victoires d’affilée. C’était placé juste avant le match contre le PSG. Heureusement que nous avons réalisé un très bon match contre Paris même si nous n’avons pas remporté ce match. Sur cette rencontre, nous nous sommes montrés à la hauteur. Personne ne nous attendait à ce niveau. Ensuite, il y a eu la fin de cette phase aller où nous nous sommes vraiment retroussé les manches et nous sommes allés gagner à Bastia (1-2), à Toulouse (0-1). Nous avons aussi battu Saint-Etienne (1-0) au Vélodrome. Ça a fait 9 points consécutifs avant de partir pour la trêve, qui nous ont fait vraiment du bien. Ça nous a positionnés aussi sur ce podium un peu plus fortement à égalité de points avec Paris et Lyon.
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